El Hadji Abdourahmane Diouf, nommé ministre de l’Énergie et du Pétrole, prend les rênes d’un secteur en pleine expansion marqué par des tensions contractuelles majeures avec les opérateurs internationaux.
El Hadji Abdourahmane Diouf a été nommé ministre de l’Énergie et du Pétrole du Sénégal par le président Bassirou Diomaye Faye le 1er juin 2026, au sein du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Amine Mohamed Lo. Ce juriste, titulaire d’une maîtrise en Droit public de l’Université de Saint-Louis et d’un diplôme d’études supérieures en Droit international obtenu à Genève, prend la succession de Birame Soulèye Diop, qui avait piloté les premières années de la production pétrogazière sénégalaise. Avec une spécialisation en Sciences de la communication, le nouveau ministre dispose d’un profil académique et politique marqué par le Droit international, domaine crucial pour gérer les litiges avec les majors pétrolières.
Le secteur énergétique sénégalais connaît une période de forte activité. Sur le front pétrolier, le champ offshore de Sangomar, opéré par l’australien Woodside Energy (82% de participation), a produit 36,1 millions de barils en 2025, dépassant l’objectif initial de 30,53 millions de barils. Le champ a tourné à environ 100 000 barils par jour avec un taux de fiabilité proche de 99%. À fin février 2026, la production cumulée atteignait 58,9 millions de barils commercialisés en 61 cargaisons.
Sur le volet gazier, le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), lancé en production en février 2025, a livré 3,22 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié et 1,2 million de barils de condensats en 2025. À fin février 2026, GTA totalisait 4,04 millions de mètres cubes de GNL exportés en 24 cargaisons. Ces résultats demeurent cependant ceux de la phase 1, les deux projets prévoyant une augmentation future de leur production.
Cependant, ces performances se déploient dans un climat contractuel très tendu. En mars 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko avait annoncé une révision des contrats jugés « injustes » et « déséquilibrés », promesse électorale majeure du régime Pastef. En réaction, Woodside a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) de la Banque mondiale pour contester un redressement fiscal d’environ 41 milliards de francs CFA. Le tribunal arbitral a tenu sa première session en mars 2026. Malgré cette procédure, Woodside et Petrosen négocient la phase 2 de Sangomar, susceptible de porter la production à 150 000 barils par jour. Le Sénégal n’écarte pas non plus un recours arbitral contre BP, opérateur de GTA.
Au-delà des hydrocarbures, l’accès à l’électricité demeure un défi structurel majeur. Le Sénégal affiche un taux d’électrification de 84% et s’est engagé lors du sommet Mission 300 de janvier 2025 à connecter 6,6 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030 pour atteindre la couverture universelle. Plus de 30% des communautés rurales restent déconnectées du réseau. Le référentiel Sénégal 2050 fixe l’électrification totale à l’horizon 2029, tandis que le Pacte National pour l’Énergie prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 40% du mix énergétique et de mobiliser 2,3 milliards de dollars d’investissements privés.
Le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf doit donc naviguer dans un environnement complexe conjuguant gestion des litiges arbitraux à forts enjeux financiers, négociation des phases ultérieures de Sangomar et GTA, et accélération de l’électrification des zones rurales pour respecter les engagements pris.
Source :Energies-media – Sénégal : El Hadji Abdourahmane Diouf aux commandes du ministères de l’Énergie et du Pétrole – 2026
