Niger : 60,6 milliards FCFA de la BOAD pour l’irrigation et l’électricité

Le Niger a signé deux conventions de financement avec la Banque ouest-africaine de développement pour un montant total de 60,6 milliards FCFA. Ces investissements visent à renforcer la production électrique et à accélérer le développement des infrastructures d’irrigation agricole.

La République du Niger et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont signé, le 28 juillet à Niamey, deux conventions de financement pour un montant global de 60,6 milliards FCFA, équivalent à environ 108 millions de dollars. Ces accords, conclus à l’issue de pourparlers entre une délégation de la BOAD dirigée par son président Serge Ekué et des représentants du gouvernement nigérien, visent à adresser deux défis majeurs du développement économique du pays : l’insuffisance des infrastructures d’irrigation et le déficit chronique d’électricité.

Le financement s’articule autour de deux axes distincts. Une enveloppe de 30 milliards FCFA est destinée à l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA), tandis que 30,6 milliards FCFA sont alloués à la NIGELEC, la compagnie publique d’électricité. Ces investissements répondent à des objectifs complémentaires : renforcer la sécurité alimentaire, améliorer l’accès à l’énergie et stimuler le développement industriel du Niger.

Selon le ministre nigérien des Finances, Mamane Laouali Abdou Rafa, le premier financement permettra à l’ONAHA d’acquérir des équipements et matériels pour accélérer la mise en œuvre du Programme Grande Irrigation. Cet investissement doit accroître les superficies irriguées, améliorer les rendements agricoles et réduire la dépendance de l’agriculture nationale aux précipitations, devenues de plus en plus irrégulières en raison des changements climatiques. Dans un contexte où l’agriculture demeure le principal moyen de subsistance pour une large portion de la population, ces aménagements sont attendus pour renforcer les revenus des producteurs et fournir des matières premières aux unités locales de transformation agroalimentaire.

Le second accord mobilisera les ressources pour un programme énergétique visant à accroître la capacité nationale de production d’électricité d’environ 23 mégawatts. Cette nouvelle infrastructure devrait améliorer la disponibilité de l’énergie, réduire les contraintes d’approvisionnement et offrir un meilleur soutien aux activités économiques. Les autorités nigériennes considèrent que le renforcement de l’offre énergétique est essentiel pour stimuler l’industrialisation, favoriser l’agro-transformation et améliorer la compétitivité des entreprises. Une alimentation électrique plus fiable est également attendue pour soutenir le développement des services et attirer les investissements privés.

Ces deux opérations s’inscrivent dans le cadre du Programme de refondation de la République, qui place les infrastructures productives au cœur de la transformation économique. En combinant investissements agricoles et énergétiques, le gouvernement nigérien entend créer un environnement plus favorable à la croissance et à l’émergence d’un tissu industriel plus solide. Cette approche intégrée reconnaît l’interdépendance entre sécurité alimentaire et développement énergétique pour le progrès économique régional.

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