Le Mali a accéléré sa montée en puissance dans la production de lithium avec deux mines opérationnelles depuis 2024-2025. Alors que l’exploration s’intensifie, la Russie et d’autres acteurs se positionnent derrière la domination chinoise dans le secteur.
Le Mali consolide son entrée dans le cercle des producteurs africains de lithium. Le 21 août 2026, le Conseil des ministres malien a approuvé le renouvellement de dix permis de recherche, dont deux consacrés au lithium détenus par Intermin Lithium SARL, filiale de la société australienne First Lithium. Cette décision administrative prolonge la présence de l’opérateur dans le pays à un moment charnière pour le secteur.
Les deux permis concernent deux zones du sud du Mali : Gouna, dans le cercle de Kolondiéba, et Faraba, dans celui de Bougouni. Accordés initialement à Intermin en 2018, ils ont bénéficié d’un premier renouvellement en 2022. Un processus administratif perturbé par une suspension générale des renouvellements de permis entre décembre 2022 et mars 2025 a retardé la démarche. First Lithium a pris le contrôle des actifs en 2023 et lancé une nouvelle campagne d’exploration la même année, concentrant ses travaux sur le prospect Blakala, situé à l’intérieur du permis de Gouna, ainsi que sur Faraba.
Le renouvellement intervient à un moment critique pour First Lithium. Dans son rapport trimestriel du 31 juillet 2026, la compagnie a indiqué que la publication de sa première estimation de ressources minérales au Mali dépendait de cet accord administratif. Ses consultants estimaient que cette estimation pourrait être publiée au cours du trimestre se terminant en septembre 2026.
Avec la mise en production de la mine de Goulamina fin 2024 et celle de Bougouni début 2025, le Mali dispose désormais de deux sources de lithium opérationnelles. Cependant, l’industrie reste largement dominée par des groupes chinois. En mai 2026, l’entreprise publique russe Rosatom a annoncé avoir obtenu des résultats préliminaires confirmant le potentiel en lithium d’un site sous son contrôle, signalant l’intérêt croissant d’investisseurs d’origines diverses.
Lithium Africa, cotée sur les bourses de Toronto et de Francfort, renforce également cette diversification. En association avec le chinois Ganfeng, propriétaire de la mine Goulamina, elle a mené jusqu’en 2025 des travaux sur trois projets maliens : Torakoura, N’Gonzana et Kologo. Toutefois, les permis correspondants ont expiré en 2025 et leur renouvellement reste en attente.
Cette intensification de l’exploration répond à une demande mondiale croissante. L’Agence internationale de l’énergie estime dans son Global Critical Minerals Outlook 2026, publié en juillet, que la demande mondiale de lithium devrait plus que tripler d’ici 2040 selon son scénario de politiques actuellement annoncées, représentant la croissance la plus forte parmi les minéraux critiques suivis. Le lithium reste stratégique pour les batteries de véhicules électriques et le stockage d’énergie.
Les prochains mois détermineront la portée réelle de ces intérêts. Pour First Lithium, la priorité reste la publication de son estimation de ressources. À plus long terme, la conversion de ces découvertes en nouvelles mines dépendra de leur viabilité économique, de l’accès au financement et de l’évolution des prix mondiaux du lithium.