Le Sénégal dopé par le pétrole et le gaz en 2025

Portée par le démarrage de la production pétrolière et gazière, l’économie sénégalaise a enregistré la plus forte croissance d’Afrique de l’Ouest en 2025, selon la BIDC.

Le Sénégal a enregistré la plus forte croissance économique d’Afrique de l’Ouest en 2025 avec un taux de 7,9 %, contre 6,1 % en 2024, selon le rapport annuel de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). Cette performance marque une accélération significative pour la région et place le Sénégal en tête du classement régional.

Cette forte croissance s’explique principalement par la hausse de la production de pétrole et de gaz, ainsi que par l’amélioration de la production agricole. Le démarrage de ces nouveaux projets énergétiques constitue le principal moteur de cette dynamique économique, reflétant l’importance croissante du secteur extractif dans le portefeuille économique du pays.

Au-delà du Sénégal, l’Afrique de l’Ouest a enregistré une croissance de 4,8 % en 2025, contre 4,7 % en 2024. Le Bénin arrive en deuxième position avec une croissance de 7,5 %, portée par l’agriculture, l’agro-industrie, la construction et les services, notamment la Zone industrielle de Glo-Djigbé et le redressement des activités portuaires. Le Niger complète le podium avec une croissance de 6,9 %, bien qu’en recul par rapport aux 10,3 % enregistrés en 2024, soutenue par l’augmentation de la production et des exportations de pétrole brut.

À l’autre extrémité du classement figure le Nigeria avec une croissance de 4 %, la plus faible de la sous-région. Le pays a néanmoins bénéficié d’une reprise de la production pétrolière, d’une amélioration des capacités nationales de raffinage et du dynamisme des secteurs non pétroliers.

La BIDC attribue cette progression régionale au ralentissement de l’inflation et à une meilleure gestion macroéconomique, favorisés par la conjoncture favorable des prix des matières premières, l’augmentation des réserves, la stabilité des monnaies et l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire.

Cependant, le tableau sénégalais comporte des ombres au tableau. Après son envolée de 2025, l’économie sénégalaise devrait ralentir à 4,1 % en 2026, avant de rebondir à 5,7 % en 2027. Ce fléchissement traduit la normalisation de la croissance après l’effet de démarrage des projets pétroliers et gaziers, dans un contexte de politiques macroéconomiques plus restrictives et d’endettement élevé.

La BIDC souligne que le poids de la dette publique continuera de limiter les marges de manœuvre budgétaires du Sénégal. Des déficits budgétaires importants pourraient limiter les investissements publics et les dépenses sociales, avec des effets potentiels sur la croissance et le bien-être. Le pays demeure vulnérable à d’importants déficits du compte courant et à sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, en raison de la persistance de la demande d’importations, notamment de biens d’équipement, malgré la hausse des exportations d’hydrocarbures.

S’ajoute à cela l’incertitude entourant les recettes attendues des hydrocarbures, qui pourraient être affectées par d’éventuels retards de production ou par la volatilité des cours mondiaux. Cette volatilité des revenus énergétiques pose des défis de durabilité pour les finances publiques du Sénégal.

Pour 2026, la croissance de l’Afrique de l’Ouest devrait légèrement ralentir à 4,7 %, avant de remonter à 4,9 % en 2027. La Guinée devrait devenir l’économie la plus dynamique de la sous-région avec une croissance attendue de 8,7 % en 2026, portée par le développement du projet minier de Simandou.

Source :Agence Ecofin – Le Sénégal a enregistré la plus forte croissance économique d’Afrique de l’Ouest en 2025 (BIDC)

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