L’Angola prépare une réforme majeure de son système d’attribution des concessions pétrolières et gazières pour accélérer l’exploration et attirer les investisseurs. Cette réforme, qui s’inscrit dans un plan de développement des hydrocarbures sur 25 ans, doit réduire les délais administratifs et adapter les conditions contractuelles selon les profils de risque des blocs.
L’Angola cherche à inscrire son industrie pétrolière dans le long terme. Le gouvernement du pays d’Afrique centrale travaille à l’avancement de plusieurs volets, entre développement de l’exploration, valorisation des ressources et investissements dans le raffinage.
Le pays prévoit une réforme structurelle de son système d’attribution des concessions pétrolières et gazières. Selon Alcides Andrade, membre du Conseil d’administration de l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), cette réforme doit modifier les conditions dans lesquelles les compagnies accèdent aux ressources. L’Angola envisage d’abandonner les cycles pluriannuels d’appels d’offres et d’ouvrir plus de 100 blocs, principalement en onshore. Le délai d’attribution des concessions doit être réduit à 3 mois contre 6 actuellement. L’ouverture au marché de ces nouveaux blocs d’exploration doit commencer après l’adoption du plan de développement des hydrocarbures prévu avant fin 2026.
Au-delà de l’accélération administrative, l’ANPG entend différencier les conditions contractuelles selon les caractéristiques et le profil de risque des blocs. Les gisements matures ou marginaux ne seraient ainsi pas soumis aux mêmes modalités que les ressources à terre ou les blocs situés en eaux profondes. Cette approche doit tenir compte de la diversité des projets proposés aux investisseurs. En adaptant les conditions d’attribution aux profils des ressources, les autorités espèrent encourager les compagnies à engager de nouvelles opérations d’exploration, ce qui rendrait plus dynamique l’amont pétrolier. L’objectif est de parvenir à davantage de forages afin de soutenir la production sur le long terme.
L’Angola extrait actuellement environ 1 million de barils de pétrole par jour. Le pays a récemment bénéficié d’engagements d’investissement de plusieurs milliards de dollars de groupes comme TotalEnergies et Eni. L’augmentation du nombre de puits d’exploration pourrait contribuer à accroître ce volume dans les prochaines années. La réforme ne garantit toutefois pas seule ce résultat. Les effets sur la production dépendront des ressources découvertes et de leur développement effectif.
Cette réforme s’accompagne de la préparation d’une nouvelle étape pour Sonangol, la compagnie pétrolière nationale. À l’occasion de son 50e anniversaire, l’entreprise a réaffirmé son engagement en faveur d’une introduction en Bourse. Son administrateur exécutif, Osvaldo Inácio, a expliqué que la compagnie travaille à améliorer la performance de ses actifs afin que les futurs actionnaires puissent espérer un rendement satisfaisant. Cette posture explique son regain d’intérêt pour l’exploration, la production, mais aussi le raffinage. Fin septembre, Sonangol a annoncé que la raffinerie de Lobito est achevée à environ 26 %, après 1,6 milliard USD investis, avec une mise en service envisagée pour 2029. Elle a aussi signalé des avancées satisfaisantes dans la construction de la première phase de la raffinerie de Cabinda, d’une capacité de 30 000 barils par jour, tandis qu’un complexe pétrochimique est à l’étude.