Le continent ambitionne d’ajouter 300 GW de capacités électriques pour accélérer son industrialisation, requérant 15 à 30 milliards USD annuels d’investissements et le déploiement massif du solaire aux côtés de l’hydroélectricité et du gaz naturel.
L’Afrique se fixe un objectif énergétique majeur : atteindre 300 gigawatts de capacité électrique installée d’ici 2030. Cet ambitieux programme répond à un impératif de développement économique : sans énergie fiable et abordable, l’industrialisation reste impossible. Selon le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, aucun pays n’a jamais connu d’industrialisation sans disposer d’une électricité compétitive et fiable.
Le déficit énergétique du continent demeure considérable. Environ 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, entravant la croissance manufacturière et la transformation locale des ressources naturelles. Pour combler ce fossé et atteindre le cap de 300 GW, l’Afrique devra produire 50 térawattheures supplémentaires chaque année, installer 30 à 35 GW de nouvelles capacités annuellement, et mobiliser entre 15 et 30 milliards de dollars par an.
L’énergie solaire émerge comme solution stratégique, complétée par l’hydroélectricité et le gaz naturel. Cette diversification énergétique s’inscrit dans plusieurs initiatives régionales : les projets de l’OMVS et l’OMVG en Afrique de l’Ouest, le Pool énergétique ouest-africain, et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim entre le Sénégal et la Mauritanie. L’Angola illustre cette dynamique avec Sun Africa, opérateur qui déploie une centrale solaire de 400 MW associée à un barrage hydroélectrique de 2 GW, avec des extensions en République démocratique du Congo, au Nigeria, en Tanzanie et au Lesotho.
L’enjeu énergétique se lie étroitement à l’industrialisation et à la valorisation des ressources minérales africaines. Goran Rajsic, président de Sun Africa, souligne que si l’Afrique transformait elle-même son lithium, son cobalt et son cuivre plutôt que d’exporter des minerais bruts et de réimporter des produits finis, l’énergie, l’exploitation minière et l’industrie formeraient un seul et même enjeu. Une électricité bien planifiée et implantée près des villes, zones industrielles et sites miniers pourrait être déployée rapidement.
Le continent dispose des atouts pour réussir cette transition : il possède 60 % du potentiel solaire mondial, des ressources hydroélectriques, gazières et minières substantielles. Ces capacités énergétiques pourraient accélérer l’industrialisation, améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser une croissance économique plus durable et inclusive.
Pour concrétiser cette ambition, des initiatives comme Mission 300 visent à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité d’ici 2030. Ces efforts conjuguent expansion de l’accès énergétique et création d’emplois, positionnant l’énergie comme vecteur central du développement socio-économique africain.
Source :Africa 24 – Afrique : 300 gigawatts d’électricité à injecter d’ici 2030