Africa Finance Corporation prépare le lancement d’une société d’investissement dédiée au financement de l’exploration minière en Afrique, d’ici douze mois. Cette initiative vise à combler un déficit de financement majeur dans la phase de découverte de gisements, avant même leur exploitation commerciale.
Le sous-sol africain attire les investisseurs mondiaux, mais qui finance la découverte de ses ressources ? C’est à cette étape cruciale, bien avant l’exploitation des mines, que Africa Finance Corporation (AFC) entend désormais intervenir.
L’institution panafricaine, basée à Lagos, prépare le lancement d’une société d’investissement consacrée au financement de l’exploration minière. L’annonce a été faite le 14 octobre au Cap, lors de l’African Mining Week, par Franklin Edochie, responsable des mines et métaux de l’AFC. Le projet devrait devenir opérationnel dans les douze prochains mois.
L’objectif est de financer l’identification et l’évaluation de nouveaux gisements, une phase coûteuse et risquée qui attire moins de capitaux que les projets dont les réserves sont déjà connues. Bien que l’entité ne soit pas encore active, l’AFC n’a communiqué ni l’enveloppe initiale, ni la structure actionnariale, ni les premiers pays ciblés.
L’initiative répond à un paradoxe flagrant. Malgré son potentiel géologique exceptionnel, l’Afrique ne capte qu’une fraction des budgets mondiaux d’exploration. Selon S&P Global Market Intelligence, 1,44 milliard de dollars lui ont été alloués en 2025, en hausse de 11 % sur un an, mais cela ne représente que 12 % du total mondial. Ce déséquilibre pose un enjeu stratégique majeur : une meilleure connaissance du potentiel géologique renforce la position des États dans les négociations avec les compagnies minières.
La cartographie géologique demeure incomplète. En République démocratique du Congo, seuls 19 % du territoire ont fait l’objet d’une cartographie géologique de haute précision, selon le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC), cité lors du même forum.
L’AFC élargit parallèlement ses ambitions minières. Au-delà de ses engagements dans l’or, la bauxite, le cuivre et le manganèse, l’institution examine désormais des investissements dans le fer et l’uranium. Selon Franklin Edochie, les productions cumulées de la Guinée, du Liberia, de la Mauritanie et de la Sierra Leone pourraient, d’ici dix ans, rivaliser avec celles de l’un des trois principaux producteurs mondiaux de minerai de fer. Des annonces de financement sont attendues dans un délai de six à douze mois.
L’AFC possède une expérience du secteur minier. Elle a notamment contribué au financement du projet aurifère de Baomahun, en Sierra Leone, avec un prêt de 330 millions de dollars.
Reste à déterminer comment cette future structure gérera les risques propres à l’exploration et, surtout, comment les nouvelles découvertes pourront favoriser le développement de la transformation locale, au-delà de la seule extraction des matières premières.