Le groupe nigérian Dangote Group prévoit de financer son projet de raffinerie de 700 000 barils par jour au Kenya via des flux internes, des obligations et une introduction en bourse. Les travaux devraient durer trois ans.
Le groupe nigérian Dangote Group a annoncé son intention de construire une raffinerie de pétrole majeure au Kenya, d’une capacité de 700 000 barils par jour. Ce projet, qui représente le plus important investissement de raffinage en Afrique de l’Est, sera implanté sur l’île de Lamu, au large des côtes kenyanes.
Selon Edwin Devakumar, vice-président de Dangote Industries en charge du pétrole et du gaz, « le site a été sélectionné, les tests de sol sont en cours, et les travaux de conception et d’ingénierie ont commencé. Le Kenya a été notre choix dès le départ ». La raffinerie devrait nécessiter jusqu’à trois ans de construction.
Sur le plan financier, le projet sera financé par un mélange de fonds propres générés en interne, d’émissions obligataires et du produit d’une future introduction en bourse. Bien que le coût exact n’ait pas été révélé, les dirigeants du groupe indiquent qu’il serait comparable à celui de la raffinerie de Lagos. Cette dernière avait coûté plus de 20 milliards de dollars lors de son entrée en service en 2024, bien que l’estimation initiale en 2013 était d’environ 9 milliards de dollars. Le dépassement budgétaire s’explique par le déplacement du site, des défis d’ingénierie, la dépréciation de la monnaie, la pandémie de COVID-19 et l’inflation mondiale.
Cette raffinerie fournira des produits pétroliers raffinés au Kenya ainsi qu’aux pays voisins, contribuant ainsi à réduire la dépendance de la région aux importations de carburants. Le projet s’inscrit dans la stratégie d’expansion de Dangote au-delà du Nigeria, après le succès de sa raffinerie de Lagos de 650 000 barils par jour, entrée en exploitation en 2024.
Le choix du Kenya revêt une importance stratégique. Dangote avait initialement envisagé la ville portuaire de Tanga en Tanzanie, avant de se tourner vers le Kenya pour des raisons d’infrastructures, de logistique et de débouchés commerciaux. Cette décision illustre l’importance croissante de l’Afrique de l’Est comme pôle d’intégration régionale pour le secteur pétrolier.
Ce projet s’inscrit dans un contexte régional d’investissements massifs dans les infrastructures énergétiques. Il démontre également la confiance des acteurs privés majeurs dans la capacité de la région à absorber des investissements de grande envergure, malgré les défis de financement et d’exécution observés sur des projets comparables.
Source :Agence Ecofin – Kenya : Dangote Group se donne 3 ans pour réaliser la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est