L’Ethiopian Electric Utility et la Kenya Power and Lighting Company ont signé un nouvel accord d’achat le 10 juillet 2026, consolidant un partenariat énergétique débuté en 2022. Cette coopération répond aux besoins croissants du Kenya et valorise les surplus de production hydroélectrique éthiopienne.
Le commerce transfrontalier de l’électricité progresse en Afrique de l’Est. L’Ethiopian Electric Utility (EEU) et la Kenya Power and Lighting Company (KPLC) ont signé le 10 juillet 2026 un nouvel accord de fourniture d’électricité, renforçant leur partenariat énergétique engagé en 2022. Selon cet accord, le prix de l’énergie exportée par l’Éthiopie est fixé à 0,13 euro par kWh, auquel s’ajoute un coût de capacité de 5,5 euros par kWh, rémunérant la disponibilité d’une source fiable et mobilisable.
Cette coopération s’inscrit dans un cadre contractuel de 25 ans signé en juillet 2022, offrant une visibilité long terme aux deux opérateurs publics. Au-delà du réseau public, un partenariat antérieur permet depuis 2011 l’acheminement transfrontalier d’électricité vers la ville frontalière de Moyale et les zones environnantes du nord du Kenya, démontrant la profondeur d’une coopération désormais structurée.
Pour Addis-Abeba, cet arrangement stratégique valorise une capacité de production importante. L’Éthiopie dispose de puissants actifs hydroélectriques, au premier rang desquels figure le Grand barrage de la Renaissance (GERD), dont la puissance dépasse 5 000 MW. Cette montée en puissance positionne l’Éthiopie parmi les acteurs électriques majeurs du continent. Les autorités entendent jouer un rôle central tant comme fournisseur que comme acteur technique dans l’Eastern Africa Power Pool (EAPP), plateforme régionale conçue pour fluidifier les échanges d’électricité entre États affichant des excédents ou des déficits structurels.
Du côté kényan, cette coopération répond à une nécessité impérieuse : satisfaire une demande énergétique en explosion. Depuis 2018, la demande de pointe en électricité a progressé de près de 35 %, selon la Banque africaine de développement. Cette croissance résulte de l’augmentation du nombre de ménages raccordés, des programmes d’électrification, de la hausse de la consommation domestique, ainsi que de la croissance industrielle et de l’urbanisation.
Malgré une augmentation de 90 % des capacités installées reposant sur un mix renouvelable dominé par la géothermie, l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire, le Kenya a fortement accru ses importations d’électricité. Le Bureau kenyan des statistiques relève que les importations sont passées de 288 gigawattheures en 2021 à 1 721 gigawattheures en 2025, témoignant d’un déficit structurel croissant.
Face à cette situation, Nairobi engage des investissements conséquents. En juillet 2026, la Kenya Electricity Transmission Company a examiné des projets d’investissements privés estimés entre 339 et 441 millions d’euros, visant à développer de nouvelles lignes à haute tension et de nouveaux postes électriques. En mars 2026, le Kenya annonçait la construction d’une centrale électrique au gaz de 1,2 gigawatt à Dongo Kundu, à Mombasa, pour un investissement de 2,9 milliards de dollars, développée par KenGen en partenariat avec des investisseurs privés.
Cette stratégie multivecteurs – importations transfrontalières, augmentation des capacités renouvelables et centrales thermiques – reflète la complexité des défis énergétiques est-africains et l’importance croissante de la coopération régionale comme solution d’appoint.
Source :Agence Ecofin – Électricité : l’Ethiopie et le Kenya signent un nouvel accord d’achat