Accord Iran-États-Unis : l’Afrique doit diversifier ses approvisionnements énergétiques

La réouverture du détroit d’Ormuz, attendue après un accord de paix entre Washington et Téhéran, ne suffira pas à sécuriser l’approvisionnement énergétique du continent africain, qui doit renforcer sa stratégie de diversification.

Un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, dont la signature est attendue pour le 19 juin à Genève, devrait mettre fin à plusieurs mois de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette résolution ouvre la voie à une réouverture du détroit d’Ormuz, un corridor maritime stratégique actuellement bloqué par les Gardiens de la révolution iraniens. Le passage, qui acheminait 20 % du pétrole mondial vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique avant sa fermeture, représente un enjeu critique pour la stabilité énergétique mondiale.

Pour le continent africain, la normalisation de la situation dans cette région pourrait alléger les tensions sur les prix du pétrole et les chaînes d’approvisionnement énergétiques. Cependant, les experts s’accordent à dire que cette amélioration géopolitique ne doit pas conduire le continent à relâcher ses efforts en matière de sécurité énergétique. Au contraire, elle doit être envisagée comme une opportunité pour restructurer les stratégies d’approvisionnement africaines.

Ben Hassan Ouattara, directeur général de la branche Afrique de Puma Energy, souligne l’importance de cette période charnière. Bien que l’article ne détaille pas ses recommandations précises, la position de cet expert du secteur énergétique traduit un consensus : la réouverture du détroit d’Ormuz, bien qu’une bonne nouvelle, ne saurait dispenser le continent de diversifier et de renforcer ses approvisionnements énergétiques.

L’Afrique, particulièrement vulnérable aux chocs énergétiques externes, fait face à des défis structurels en matière d’approvisionnement. Les interruptions de flux commerciaux à travers des passages clés comme le détroit d’Ormuz ont démontré la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le continent dépend largement des importations de pétrole et de produits pétroliers, rendant ses économies sensibles aux fluctuations géopolitiques.

Cette situation a incité les décideurs africains à explorer des alternatives : développement des ressources énergétiques locales, investissements dans les énergies renouvelables, et diversification des sources d’approvisionnement. La région Afrique de l’Ouest, particulièrement le Sénégal, dispose de ressources gazières et pétrolières qu’elle pourrait exploiter davantage pour réduire sa dépendance aux importations.

La leçon de cette crise géopolitique est claire : même avec la réouverture du détroit d’Ormuz, aucun accord diplomatique ne peut garantir une sécurité énergétique durable si les fondamentaux structurels demeurent inchangés. Le continent doit poursuivre ses investissements dans la production locale, améliorer ses infrastructures de stockage et de distribution, et accélérer la transition énergétique vers des sources plus diversifiées et résilientes.

Pour l’Afrique, cette période de normalisation géopolitique n’est pas une pause dans la transformation énergétique, mais plutôt une fenêtre d’opportunité pour construire une stratégie énergétique moins vulnérable aux aléas externes.

Source :Jeune Afrique – Détroit d’Ormuz : comment l’Afrique peut-elle éviter une énième crise énergétique ?

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