La ministre nigérienne de l’Énergie a présenté les ambitions du pays pour augmenter ses capacités de production électrique, notamment via les interconnexions régionales, le nucléaire et un barrage hydroélectrique majeur.
Le Niger accélère son développement énergétique pour consolider son indépendance énergétique. Selon les déclarations de la ministre de l’Énergie, Haoua Amadou, le gouvernement nigérien s’appuie sur trois piliers stratégiques : les interconnexions électriques régionales avec les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), le programme électronucléaire national et la construction du barrage de Kandadji.
Cette volonté s’inscrit dans un contexte régional où l’intégration énergétique progresse. En parallèle, les ministres de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont réaffirmé leur engagement à harmoniser les réformes sociales au sein de l’AES, discussions qui incluaient la mobilité des travailleurs et la portabilité des prestations.
Le barrage de Kandadji représente l’investissement hydroélectrique majeur du programme nigérien. Selon les informations disponibles, les infrastructures de ce projet devraient ajouter 200 MW de capacités de production au pays. Ce chiffre est significatif pour une nation où l’accès à l’électricité reste limité dans les zones rurales et où la demande énergétique croît avec le développement économique.
Parallèlement, le programme électronucléaire nigérien constitue un choix stratégique pour diversifier le mix énergétique national. Le nucléaire, source d’électricité bas-carbone, permet au Niger de réduire sa dépendance aux hydrocarbures importés, tout en offrant une production stable et prévisible, contraire aux variabilités des énergies renouvelables intermittentes.
Les interconnexions électriques régionales de l’AES représentent le troisième pilier. Cette approche transfrontalière permet aux trois pays du bloc—Mali, Burkina Faso et Niger—de partager les ressources énergétiques, d’optimiser l’utilisation des capacités existantes et de lisser les variations de production. Les interconnexions créent une résilience du système en cas de défaillance locale.
Ces initiatives témoignent d’une vision cohérente : construire une souveraineté énergétique reposant sur la diversification des sources, l’hydro et le nucléaire constituent des bases plus stables que les importations d’électricité ou de combustibles fossiles. Pour une région confrontée à des enjeux sécuritaires et économiques, l’autosuffisance énergétique est un vecteur de stabilité.
La ministre Haoua Amadou a également mis l’accent sur le renforcement de cette souveraineté, terminologie qui illustre l’ambition du Niger de ne plus être tributaire des volatilités des marchés internationaux. Ces trois projets, s’ils sont menés à terme selon le calendrier prévu, modifieront substantiellement le paysage énergétique du Niger et de la région du Sahel.
Source :APAnews – Presse/Afrique de l’Ouest : politique, énergie et intégration
