Maroc : un projet de 1,5 milliard de dollars transforme les déchets en électricité

Le Maroc se prépare à construire une usine de valorisation énergétique des déchets à Casablanca. Ce projet majeur, lancé par un consortium international, pourrait traiter 1,5 million de tonnes de déchets annuels et générer 115 mégawatts d’électricité dès 2030.

Le Maroc entame la construction d’une usine de valorisation énergétique des déchets de 1,5 milliard de dollars à Casablanca, marquant un tournant dans la gestion des déchets solides au Maghreb. Le projet sera piloté par le cabinet d’ingénierie suisse-japonais Kanadevia Inova, en partenariat avec la société marocaine Nareva et le groupe japonais Itochu. Les travaux débuteront courant 2026 pour une mise en service attendue en 2030.

L’installation traitera environ 1,5 million de tonnes de déchets annuels, une quantité représentative des défis d’urbanisation que connaît la métropole casablancaise. En retour, elle générera approximativement 115 mégawatts d’électricité, combinant trois sources : la combustion des déchets, l’énergie solaire et le biogaz issu des sites d’enfouissement. Cette production suffirait à approvisionner près d’un million de personnes, selon les données communiquées par les porteurs du projet.

Au-delà de la production électrique, l’usine réduira significativement les émissions provenant de la plus grande décharge de Casablanca, un enjeu environnemental central pour une agglomération de plusieurs millions d’habitants. La valorisation énergétique des déchets s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : plutôt que d’enfouir les ordures, on en extrait de l’énergie.

Actuellement, seule une autre installation de ce type existe en Afrique, ce qui illustre le caractère novateur du projet marocain dans le contexte continental. La région ouest-africaine et le Maghreb font face à une crise de la gestion des déchets solides : urbanisation rapide, capacités d’enfouissement saturées, et manque d’infrastructures modernes. Une usine comme celle-ci démontre comment conjuguer gestion environnementale et production d’électricité décentralisée.

Ce projet reflète aussi une tendance plus large au Maroc. Le royaume a investi massivement dans les énergies renouvelables ces dernières années, notamment le solaire avec le complexe de Noor. La valorisation énergétique des déchets complète cette stratégie en mobilisant une ressource abondante mais mal gérée : les déchets urbains eux-mêmes deviennent source d’énergie.

Le rôle du financement international, porté ici par un consortium asiatique et suisse, souligne la capacité du Maroc à attirer des investissements en infrastructure énergétique. Cependant, le coût unitaire élevé (1,5 milliard de dollars) reste un facteur limitant pour la réplication rapide d’une telle technologie dans d’autres villes africaines ou maghrébines.

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