Ghana : hausse coordonnée des prix carburants face aux tensions géopolitiques

Les sociétés de distribution de pétrole ghanéennes augmentent les prix à la pompe depuis le 1er août 2026. Star Oil ouvre le mouvement avec l’essence à 14,53 cedis et le diesel à 18,77 cedis, suivant le mécanisme biennal de révision des prix. Cette hausse reflète la montée des cours internationaux du brut et la dépréciation du cedi.

Les sociétés de marketing pétrolier (OMCs) ghanéennes mettent en œuvre une nouvelle vague d’augmentation des prix à la pompe, conforme au cadre de dérégulation des prix pétroliers en vigueur. Le 1er août 2026, Star Oil, leader du marché, a porté le prix de l’essence à 14,53 cedis ghanéens (GH¢), en hausse par rapport à 14,47 cedis, tandis que le diesel passe de 17,67 GH¢ à 18,77 GH¢. Ces tarifs correspondent au prix plancher fixé par l’Autorité nationale du pétrole (NPA) pour l’essence.

Cette augmentation s’inscrit dans le mécanisme de révision biennale des prix établi sous la politique de dérégulation du secteur pétrolier. Star Oil a effectué trois révisions depuis le 15 juillet 2026. Selon Philip Tieku, directeur général de Star Oil, les prix internationaux des produits raffinés ont connu une progression marquée. Les cours mondiaux de l’essence ont augmenté d’environ 20 %, tandis que le diesel a enregistré une hausse de 25 % au cours de la période d’évaluation.

Le contexte de volatilité des prix repose sur deux facteurs principaux : l’évolution des cours internationaux du brut et les fluctuations de change. Les cours moyens du pétrole brut sont passés de 71,90 dollars à 88,62 dollars le baril pendant la fenêtre d’examen, soit une augmentation de 23,25 %. Parmi les produits raffinés, le diesel a enregistré l’augmentation la plus forte à 24,84 %, suivi de l’essence à 12,58 % et du gaz de pétrole liquéfié (GPL) à 12,24 %. Sur la même période, le cedi s’est déprécié de 1,41 % face au dollar américain, passant de 11,4970 à 11,6593 cedis pour un dollar.

La Chambre des sociétés pétrolières (COMAC) attribue cette hausse à une accentuation des tensions géopolitiques, notamment les développements du conflit entre les États-Unis et l’Iran. L’incertitude concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, les attaques renouvelées contre des navires-citernes et les restrictions de navigation persistantes maintiennent les risques géopolitiques à un niveau élevé, avec le Brent stable autour de 88 dollars le baril. Un optimisme initial autour d’un possible accord de paix a temporairement allégé les prix, mais le rejet par l’Iran de la proposition iranienne de contrôle partagé par Oman a dissipé ces espoirs.

D’autres sociétés pétrolières procèderont à des ajustements tarifaires le 2 août et le 3 août 2026. Les projections de marché suggèrent une essence autour de 15,23 GH¢ et un diesel à 17,45 GH¢ ou plus de 18 GH¢ le litre selon les devis affichés par l’industrie. Plusieurs analystes considèrent que l’impact pour les consommateurs sera atténué, les OMCs ayant déjà procédé à des révisions tarifaires au cours des dernières semaines. Cette situation pourrait toutefois relancer la pression sur le ministre des transports face aux demandes d’augmentation des tarifs de transport adressées par l’Union ghanéenne des transports routiers privés.

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