L’Agence internationale de l’énergie prévoit une croissance de 10 % de la consommation électrique africaine d’ici 2027, un rythme supérieur à la moyenne mondiale. Une expansion qui reste cependant modeste à l’échelle planétaire.
Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation d’électricité africaine connaîtra une progression de 10 % entre aujourd’hui et 2027. Cette croissance dépasse le rythme observé au niveau mondial, révélant une dynamique énergétique particulière au continent africain.
Ce scénario reflète les tendances structurelles du secteur énergétique africain. L’Afrique, qui abrite plus d’un milliard d’habitants dont une part significative n’a pas accès à l’électricité, connaît une augmentation continue de sa demande énergétique. L’urbanisation accélérée, la croissance démographique et le développement économique dans certains pays constituent des moteurs majeurs de cette consommation croissante.
Cependant, l’AIE souligne un paradoxe : malgré cette augmentation de 10 %, l’Afrique ne gagnera pas de poids significatif dans la demande mondiale d’électricité. Cette réalité illustre l’écart persistant entre la croissance relative du continent et son poids absolu dans la consommation énergétique planétaire. Sur le plan relatif, l’Afrique se développe rapidement ; sur le plan absolu, sa part demeure minoritaire.
Pour le secteur énergétique africain et particulièrement ouest-africain, ces prévisions posent des défis majeurs en matière d’infrastructure et d’investissement. Satisfaire une demande croissante d’électricité nécessite de déployer rapidement des capacités de production, de renforcer les réseaux de distribution et de garantir la fiabilité de l’approvisionnement. Ces enjeux s’ajoutent aux défis existants : accès universel à l’électricité, maîtrise des coûts et transition énergétique.
L’expansion anticipée soulève aussi des questions stratégiques sur le mix énergétique. Le continent dispose de ressources considérables en énergies renouvelables — potentiel solaire particulièrement, mais aussi hydroélectrique et éolien — ainsi que de réserves de gaz naturel. Le choix entre ces différentes sources d’énergie aura des implications majeures pour la durabilité environnementale et l’indépendance énergétique de chaque pays.
Pour le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest, cette trajectoire de croissance représente une opportunité de planification. Elle permet d’anticiper les investissements nécessaires et d’orienter les politiques énergétiques vers des solutions durables et adaptées aux contextes locaux. Les autorités régionales doivent capitaliser sur cette visibilité pour mobiliser les financements, renforcer les capacités techniques et coordonner les projets transfrontaliers d’électrification.
Source :EnergyNews Pro – Africa’s Electricity Demand Set to Rise 10% by 2027, IEA Says