Méthanier russe à la dérive en Méditerranée: risque écologique majeur

Depuis mars 2026, le navire Arctic Metagaz, chargé de 62 000 tonnes de gaz naturel liquéfié, dérive ingouvernable au large de la Libye. Les tentatives de remorquage ont échoué à plusieurs reprises, ravivant les tensions géopolitiques entre Moscou et Kiev sur le continent africain.

Le 3 mars 2026, le méthanier russe Arctic Metagaz, navire de 277 mètres transportant 62 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), 900 tonnes de gazole et 450 tonnes de fioul lourd, est victime d’une explosion en Méditerranée au large des côtes libyo-maltaises. L’incendie qui en résulte immobilise les moteurs du navire. Les trente marins russes sont secourus deux jours plus tard par les forces armées maltaises et mis en sécurité, mais le navire lui-même commence une dérive incontrôlée au gré des vents et courants.

Face à cette menace environnementale majeure, les autorités libyennes activent immédiatement leurs protocoles d’urgence. Le ministère des Transports convoque une réunion d’urgence le 18 mars, tandis que le Centre de coordination de sauvetage libyen ordonne aux navires de s’éloigner d’au moins six milles marins du navire en perdition. La National Oil Corporation engage une société internationale spécialisée en sauvetage maritime pour tenter le remorquage vers des eaux sûres.

Les opérations de sauvetage s’avèrent désastreuses. Le 24 mars commence une première tentative de remorquage vers Misrata avec l’aide du remorqueur Al-Samida et du navire italien des pompiers. Le câble casse le 27 mars sous l’effet de vagues de onze mètres. Bien que réparé le 28 mars, l’opération est reprise par d’autres remorqueurs, mais échoue à nouveau le 2 avril du fait de la tempête Erminio, avec des vents de 40 à 50 nœuds. L’Arctic Metagaz est déclaré « hors de contrôle total ». Un nouvel échec survient le 22 avril lorsque le câble de remorquage se rompt à nouveau. À la fin du mois d’avril, le navire dérive toujours librement, à 120 milles marins au nord de Benghazi.

Cette crise révèle aussi une dimension géopolitique aigüe. La Russie accuse l’Ukraine d’avoir attaqué le navire avec des drones navals depuis la Libye. La Russie dénonce un « acte de terrorisme international ». Des rapports révèlent la présence de plus de 200 officiers et experts militaires ukrainiens en Libye, basés à Misrata et Zawiya, formant des forces locales aux technologies de drones. L’Ukraine démentiement ces accusations, les qualifiant de « campagne de désinformation ». Ces tensions reflètent une compétition plus large pour le contrôle des routes énergétiques et stratégiques africaines, la Libye servant de théâtre à une guerre hybride entre puissances rivales.

En parallèle, Moscou utilise une flotte fantôme estimée à près de 1 000 navires pour contourner les sanctions occidentales depuis 2022. Cette crise du GNL à la dérive illustre les risques croissants des infrastructures énergétiques russes opérant en Afrique du Nord, région clé pour les réserves gazières de la Méditerranée.

Source :Mondafrique – Best of Libye (6). Méthanier russe à la dérive : Moscou contre Kiev

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