Kenya : la méga raffinerie de Dangote suscite une vive opposition environnementale

Le groupe nigérian Dangote a confirmé Lamu, sur le littoral kényan, comme site d’implantation d’une raffinerie de 17 milliards de dollars. Greenpeace et plusieurs ONG locales demandent la suspension des autorisations, craignant des impacts irréversibles sur les écosystèmes côtiers fragiles et les communautés de pêcheurs.

Le groupe Dangote a confirmé, début juillet, Lamu comme site d’implantation de sa méga-raffinerie estimée à 17 milliards de dollars. Le gouvernement kényan la présente comme le plus important investissement privé jamais réalisé dans le pays. Cette infrastructure, dont la construction devrait durer environ 30 mois, constituerait la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est et le plus important investissement du conglomérat nigérian en dehors de son marché domestique.

Cependant, le projet suscite une contestation croissante. Greenpeace a publié un communiqué officiel le 15 juillet exigeant la suspension immédiate des autorisations accordées. L’ONG environnementale internationale demande notamment la réalisation préalable d’une étude d’impact environnemental et social indépendante, rendue publique et soumise à une véritable consultation des populations locales. Selon Greenpeace, cette évaluation devrait mesurer les effets cumulés du projet sur les mangroves, les récifs coralliens et les herbiers marins de la région.

Sherelee Odayar, responsable de la campagne pétrole et gaz de Greenpeace Africa, a déclaré : « Ce projet menace l’un des écosystèmes côtiers les plus fragiles d’Afrique de l’Est tout en enfermant le Kenya dans une dépendance durable aux énergies fossiles ». Le littoral de Lamu accueille en effet des communautés de pêcheurs qui dépendent directement des ressources marines et côtières pour leur subsistance.

Greenpeace conteste également les arguments économiques avancés par le gouvernement. L’organisation estime que les emplois créés lors de la phase de construction seront essentiellement temporaires, tandis que les secteurs de la pêche, du tourisme et les économies locales pourraient subir des pertes durables en cas de pollution ou de dégradation du littoral. Cette analyse rejoint les préoccupations d’autres organisations de la société civile kényane, qui ont également demandé l’organisation d’une consultation publique approfondie avant le lancement des travaux. Ces organisations menacent de saisir la Haute Cour si leurs demandes ne sont pas satisfaites.

De son côté, Dangote Industries affirme que les études de sol ainsi que les travaux d’ingénierie sont d’ores et déjà engagés, confirmant la volonté du groupe de poursuivre le projet. Cette situation reflète une tension croissante en Afrique de l’Est entre les projets de développement énergétique et les enjeux de protection environnementale, particulièrement dans des zones côtières sensibles.

Source :Forbes Afrique – Greenpeace s’oppose au projet de méga-raffinerie d’Aliko Dangote au Kenya

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