Face aux chocs énergétiques mondiaux et aux crises d’approvisionnement en carburant, les pays africains adoptent massivement la mobilité électrique. Les constructeurs automobiles chinois, porteurs d’innovations en batterie et de modèles abordables, dominent cette dynamique et installent des usines de fabrication sur le continent.
L’Afrique connaît une accélération sans précédent de l’adoption des véhicules électriques. Les ventes ont atteint environ 25 000 unités en 2025, contre 4 000 deux ans auparavant, selon l’Agence internationale de l’énergie. Les constructeurs chinois représentent une part dominante de cette croissance, BYD seul captant 35 % des ventes régionales.
Cette transition s’accélère en contexte de crise énergétique. Les tensions renouvelées au Moyen-Orient et les perturbations du détroit d’Ormuz, qui achemine un quart du commerce pétrolier maritime mondial, ont ravivé les inquiétudes relatives aux coûts du carburant et à la sécurité d’approvisionnement énergétique. En Éthiopie, capitale Addis-Abeba, les files d’attente pour le carburant ont dépassé une journée, incitant les consommateurs à chercher des alternatives. Un professeur d’université éthiopien, après avoir abandonné sa voiture essence pour un BYD Song Plus, dépense désormais environ 500 birrs éthiopiens (3 dollars) mensuels en recharge, contre une facture bien supérieure auparavant.
L’Éthiopie mène la transition régionale. En 2024, le gouvernement a interdit les importations de véhicules à essence et diesel pour réduire les dépenses en devises fortes. Résultat : plus de 140 000 véhicules électriques circulent désormais dans le pays de 130 millions d’habitants. Le gouvernement vise 500 000 véhicules en circulation d’ici 2030. Le Kenya adopte une stratégie incitatrice : les immatriculations sont passées de moins de 1 400 en 2022 à plus de 39 000 en 2025. En Afrique du Sud, la transition est portée par la demande : 1 293 véhicules électriques vendus entre mars et mai 2026, dépassant le record annuel de 2024.
Au-delà des voitures particulières, l’électrification gagne tous les modes de transport. En Éthiopie, des vélos électriques de marque chinoise Yadea circulent désormais, avec six points de vente établis depuis mars 2025. Sur le chantier de construction de l’aéroport international de Bishoftu, des camions-bennes électriques lourds importés de Chine opèrent 24 heures sur 24, parcourant 220 km par charge. Leur efficacité est 1,45 fois supérieure aux camions diesel, avec un coût opérationnel d’un huitième seulement.
Les constructeurs chinois ne se contentent plus d’exporter : ils s’implantent en Afrique. Chery a inauguré le 3 juillet une usine de fabrication à Rosslyn, près de Pretoria, en Afrique du Sud, débutant production mi-2027 avec 15 000 véhicules prévus au second semestre. L’installation peut accueillir modèles essence, hybrides et électriques, préservant 692 emplois existants et créant 3 000 postes supplémentaires. GAC ambitionne de positionner l’Éthiopie comme plaque tournante de fabrication et d’assemblage automobile en Afrique, en s’appuyant sur son potentiel hydroélectrique, sa main-d’œuvre jeune et son accès à la Zone franche continentale africaine.
Des défis demeurent : réseaux de recharge insuffisants hors des grandes villes et coûts initiaux élevés. Cependant, les observateurs du secteur estiment que les avantages technologiques des constructeurs chinois en matière de batterie et leur gamme croissante de modèles abordables devraient progressivement réduire ces obstacles.
Source :People’s Daily – Comment les véhicules électriques chinois alimentent la transition verte en Afrique dans un contexte de crise du carburant