Avec une croissance de 7,9 % en 2025, le Sénégal signe la meilleure performance économique d’Afrique de l’Ouest, portée par le démarrage historique de la production pétrolière et gazière. Un succès appelé à se normaliser dès 2026.
Le Sénégal a atteint en 2025 une croissance économique de 7,9 %, devenant ainsi la locomotive de l’espace ouest-africain. Cette performance remarquable représente une augmentation significative par rapport aux 6,1 % enregistrés en 2024. Selon le dernier rapport sur les perspectives de développement de l’Afrique de l’Ouest publié par la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (Bidc), ce bond économique repose principalement sur l’entrée en production des champs pétroliers et gaziers du pays.
Ce démarrage historique de la production d’hydrocarbures a profondément transformé la structure de la croissance sénégalaise en renforçant les exportations et la valeur ajoutée du secteur extractif. À cette dynamique s’ajoute une amélioration notable de la production agricole, qui a consolidé les performances de l’économie réelle et contribué au maintien d’une croissance robuste.
En matière de classement régional, le Sénégal devance maintenant le Bénin, qui affiche une croissance de 7,5 %, et le Niger avec 6,9 %. Le Nigeria, première économie de la sous-région, n’a enregistré qu’une croissance de 4 % malgré la reprise de sa production pétrolière et le dynamisme de ses activités non pétrolières, se retrouvant ainsi surpassé par l’économie sénégalaise.
Cependant, cette trajectoire spectaculaire devrait connaître un ralentissement dans les années à venir. La Bidc prévoit une baisse de la croissance sénégalaise à 4,1 % en 2026, avant une remontée à 5,7 % en 2027. Cette évolution correspond à une phase de normalisation après le choc positif provoqué par le lancement de la production d’hydrocarbures, illustrant ainsi le caractère conjoncturel du rebond enregistré en 2025.
Plusieurs défis structurels menacent la consolidation de cette nouvelle trajectoire de croissance. Le niveau élevé de la dette publique et les contraintes budgétaires pourraient limiter les capacités d’investissement de l’État. La Bidc avertit que « des déficits budgétaires importants pourraient limiter les investissements publics et les dépenses sociales, avec des effets potentiels sur la croissance et le bien-être ».
Autre préoccupation majeure : la persistance d’un déficit du compte courant. Malgré l’essor attendu des exportations de pétrole et de gaz, les importations de biens d’équipement demeurent importantes, maintenant la dépendance du pays aux financements extérieurs. La Banque rappelle également que les recettes attendues des hydrocarbures restent tributaires de l’évolution des cours mondiaux ainsi que du respect des calendriers de production, introduisant ainsi une forme de volatilité dans les projections budgétaires.
Pour la Bidc, les hydrocarbures constituent désormais le principal facteur de différenciation de l’économie sénégalaise au sein de l’espace ouest-africain. Leur mise en exploitation a permis au pays d’afficher la croissance la plus élevée de la région en 2025 et ouvre de nouvelles perspectives en matière d’industrialisation, d’exportations et de mobilisation des recettes publiques.
À l’échelle régionale, l’Afrique de l’Ouest a enregistré une croissance moyenne de 4,8 % en 2025, contre 4,7 % en 2024. Cette progression s’explique notamment par le recul de l’inflation, une meilleure gestion macroéconomique et une amélioration de l’approvisionnement alimentaire. La Bidc prévoit une légère décélération à 4,7 % en 2026, avant un rebond à 4,9 % en 2027.
Source :La Vie Sénégalaise – Croissance économique en Afrique de l’Ouest : le Sénégal signe la meilleure performance