Des études menées par ENDA Énergie révèlent l’impact préoccupant des pertes et dommages climatiques dans deux communes sénégalaises, malgré les dispositifs d’adaptation et de protection sociale existants.
Les changements climatiques infligent des dégâts considérables aux communes de Saint-Louis et de Kafountine, au Sénégal. C’est le constat établi par des études de cas menées par ENDA Énergie et présentées lors d’un atelier de restitution tenu mercredi à Saly, à Mbour. Ces travaux de recherche documentent l’ampleur des pertes et dommages liés aux phénomènes climatiques dans ces deux zones vulnérables de l’ouest et du sud du pays.
À Saint-Louis, les études se sont concentrées sur les inondations, tandis qu’à Kafountine, dans le département de Bignona, elles ont examiné les effets de la salinisation des terres et les pertes de biodiversité. Ces deux phénomènes entraînent des conséquences tangibles pour les populations locales : destructions de biens matériels, pertes de stocks alimentaires, dégradation des terres agricoles et problèmes sanitaires liés à la persistance des eaux stagnantes dans les zones habitées.
Omar Cissé, chargé du projet Adaptation et gestion des risques climatiques à ENDA Énergie, souligne que « le défi persiste et que le problème n’est pas encore résolu », malgré les efforts entrepris. L’État sénégalais et ses partenaires ont en effet déployé plusieurs dispositifs de protection sociale pour atténuer ces effets : des transferts monétaires, des bourses de sécurité familiale, des programmes de résilience agricole et l’extension de la couverture maladie universelle. Cependant, ces mesures palliatives se révèlent insuffisantes face à l’ampleur des dégâts enregistrés.
Face à ce constat, ENDA Énergie plaide pour un changement stratégique dans l’approche des pertes et dommages climatiques. L’organisation préconise un virage vers l’anticipation et la prévention, plutôt que la réaction aux désastres. Cette réorientation passe par des programmes structurants capables de réduire la vulnérabilité des populations avant la survenue des catastrophes climatiques. Il s’agit d’une logique d’investissement préventif, moins coûteuse à long terme que la gestion des crises post-désastres.
L’implication des communautés locales apparaît centrale dans cette transition. Géraldine Tardivel, coordonnatrice du programme Adapt’Action de l’Agence française de développement (AFD) pour le Sénégal, la Gambie et la Mauritanie, a salué le processus mis en place, qualifiant l’expertise déployée de « très haut niveau ». Elle a également reconnu que « le Sénégal est l’un des pays pionniers en matière d’action climatique ».
Pour les régions côtières et agricoles du Sénégal, la question des pertes et dommages climatiques revêt une importance stratégique. Saint-Louis, ville historique et centre économique du nord, ainsi que la zone de Kafountine, dépendent largement de secteurs vulnérables : agriculture, pêche et élevage. La salinisation des terres menace directement la productivité agricole, tandis que les inondations détruisent les infrastructures et les récoltes. Ces impacts retentissent sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de milliers de personnes.
Les efforts actuels d’adaptation, bien que non négligeables, doivent s’inscrire dans une démarche plus systémique et anticipatrice pour éviter, selon Géraldine Tardivel, que « certaines pertes et dommages ne deviennent irréversibles pour les populations exposées ». Cette transition vers la prévention constitue un enjeu majeur pour la résilience à long terme des communautés sénégalaises face aux défis climatiques croissants.
Source :Agence Ecofin – Changement climatique : des études d’ENDA Énergie alertent sur l’impact alarmant des pertes et dommages à Saint-Louis et Kafountine